cinéma

Joker

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Arthur Fleck vit seule avec sa mère dans un appartement délabré, gagne sa vie en faisant le clown aux quatre coins d'une métropole tentaculaires, sale et corrompue. Il se rêve en humoriste réputé mais doit faire face à un trouble qui le fait parfois éclater de rire dans les circonstances les plus inattendues. Viré de son travail, une rencontre dans une rame de métro va faire basculer sa vie.

Tentative plus ou moins assumée de signer un portait du meilleur ennemi de Batman, Joker constitue surtout une chronique urbaine forte d'un arrière-plan politique autant qu'une plongée dans l'univers de la folie. Evidemment, Phoenix brille en clown dégingandé en permanence au bord du précipice, incarnant avec une parfaite ambiguité un personnage en pleine errance. Dans ces moments, comme dans les citations du Taxi Driver ou de La valse des pantins de Scorsese, le film se révèle efficace et percutant dessinant en creux les failles d'une société moderne gavée de célébrité et de consommation sans plus guère de considération pour l'individu. Quand en revanche le film s'attache à la mythologie de l'univers super-héroïque dont est issu le personage du Joker, il se fait empesé, prévisible et maladroit même dans les nombreuses références qui constituent le portrait éclaté d'un criminel impossible à cerner. Dépouillé de ces références le film aurait été un thriller vertigineux, encombré par ses liens avec l'univers de Batman, il reste une chronique forte mais un portrait un peu vide... qu'une pirouette finale un peu facile creuse encore.

Publié le 09/10/2019 Auteur : Guillaume B.

Davantage chronique de la folie et critique sociale que portarait réussi d'un personnage sorti de l'univers de Batman, le film de Todd Philipps doit presque tout à son inteprrète, le saisissant Joaquin Phoenix.


Mots clés : adaptation batman Joker drame