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expos

Goya et ses échos

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Pour son exposition de fin d'année, le Palais des Beaux-Arts de Lille invite, dans le sillage de deux œuvres emblématiques de sa collection, à partir à la découverte du peintre espagnol dans un parcours particulièrement astucieux.

 

Que la fréquentation du Palais des Beaux-Arts ait retrouvé des sommets dès cet été n'étonnera personne au vu de la qualité constante de sa programmation et de propositions en phase avec le monde. Après le bédéiste François Boucq dont l'Open Museum est encore accessible quelques semaines, c'est Goya qui a les honneurs d'une exposition tout aussi passionnante. Loin des rétrospectives un brin doctes qui se contentent d'aligner les œuvres prestigieuses sans interroger la façon dont le public peut les recevoir, le parcours concoté par Régis Cotentin et Donatienne Dujardin mêle avec finesse des œuvres modestes mais essentielles dans la construction de l'oeuvre de Goya. Dès l'atrium, un périple circulaire illustré par Krzysztof Sukiennik déploie dans un format aussi clair qu'éclairant une chronologie de la vie de Goya et de son influence au fil du temps, que complète une vidéo immersive à 360°. Dans les salles d'exposition temporaire, le parcours combine un regard sur Les jeunes et Les vieilles au gré d'échos, de prémices et de clins d'oeil, tant dans le travail de Goya qu'au gré des siècles, et jusqu'au cinéma. Si les deux œuvres forment autant l'épine dorsale de l'accrochage que le clou de la visite, le parcours invite plus largement à interroger la figure de Goya et son influence, en dissipant les idées reçues pour révéler l'intemporalité d'une œuvre qui continue à marquer les esprits deux siècles après la disparition de l'artiste. Moins qu'un étalage de savoir, l'exposition se veut en effet une expérience, une découverte, qui n'impose rien à son spectateur mais offre de nombreuses clefs, correspondances et échos pour nourrir sa visite et sa découverte. Depuis les premiers Open Museum et l'arrivée de Bruno Girveau, c'est un sillon que creuse le musée lillois avec autant de bonheur que de pertinence, prouvant qu'il existe des alternatives à la surenchère de grands accrochages parfois tapageurs mais creux dans une démarche moderne, ouverte, embrassant les outils numériques sans s'y perdre, en prise avec le monde d'aujourd'hui et en phase avec un public curieux mais sans démagogie, capable de réunir un public aussi large que contrasté.

Publié le 22/10/2021 Auteur : Guillaume B.

 

Expérience Goya

Jusqu'au 14 février au Palais des Beaux-Arts de Lille, place de la république pba-lille.fr Tél.03.20.06.78.00