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cinéma

L'ordre et la morale

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Ile d'Ouvéa, fin du mois d'avril 1988. Suite à un assaut inattendu et brutal, 30 gendarmes français sont pris en otages par un groupe d'indépendantistes du peuple Kanak. Rapidement l'état français décide d'envoyer sur place le GIGN ainsi qu'une force de 300 militaires pour rétablir l'ordre public. Alphonse Legorjus, capitaine du GIGN, finit par trouver la cachette des ravisseurs... avant d'être capturé et d'obtenir sa libération en vue d'entamer des négociations. Mais en France la situation n'est pas si simple : les élections présidentielles sont imminentes ; François Mitterrand et son premier ministre et concurrent sont à couteaux tirés. Sur place, Legorjus comprend petit à petit que sa tâche pourrait être bien différente de ce qu'il s'imaginait.

Ce film, Mathieu Kassovitz l'a en lui depuis une dizaine d'années, le temps qu'il lui a fallu avec son producteur Christophe Rossignon pour trouver les conditions favorables à sa réalisation. De cette lente maturation ressort un film à la construction solide (le film est un long flash-back dans la mémoire de Legorjus) appuyé sur une vaste travail documentaire. Sans chercher à prendre de parti, le cinéaste tente pourtant de donner à son film une ampleur sociale et politique réelles. Une volonté qui se heurte parfois à la réalisation un brin clinquante (ralentis, plans d'hélicoptères à rallonge...) mais, réussit, dans l'évocation des parcours individuels à décrire les compromissions, les hésitations et les mensonges du pouvoir. Percutant et assez pertinent le film tarde pourtant à se choisir une voie et son rythme autant que sa force s'en ressentent. On est toutefois loin de Gothika ou de Babylon AD, bêtes aventures américaines sans profondeur.

Publié le 15/11/2011 Auteur : Guillaume B.


Mots clés : cinéma