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théâtre

À l'amour comme à la guerre

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Jusqu'au 2 avril, le Théâtre Gyptis accueille une version allégée et légère de Roméo et Juliette, dans une mise en scène valant à elle seule le détour par la Belle de mai.

Remarques acnéides, éclats de rire intempestifs et chuuuut à tire-larigot auront ponctué la représentation, qui avait fait le plein de lycéens ce 16 mars. Le calvaire aura culminé avec l'irruption soudaine de Shakira "waka waka" (à quand le brouilleur de portables dans les théâtres ?) alors même que Juliette se suicidait sur scène. À cette adolescence mortifiante on a nettement préféré les élans mortifères de la jeunesse mis en scène par Françoise Chatôt. Eros et Thanatos, l'antienne est connue, qui préside à la funeste destinée de Juliette et Roméo. Mais comme on l'exprime au Gyptis, « mieux vaut mourir d’amour que de mourir d’ennui »..

Mourir d’amour plutôt de mourir d’ennui

Transposée pendant la seconde guerre mondiale, l'oeuvre de Shakespeare est ici plus joyeuse que désespérée. Elle se joue dans un âge de violence, qui privilégie le sentiment d'urgence et la passion dévastatrice. « En quelques jours les deux héros approchent de l’extase foudroyante, s’y brûlent et s’y consument » dixit Françoise Chatôt, qui a bien compris que cette désinvolture face à la mort n'était jamais aussi forte que par les temps dangereux. Sur scène, les moments de poésie raffinée côtoient des scènes grotesques et triviales, les musiques be-bop de la fin de la guerre le lyrisme de Monteverdi contemporain de Shakespeare. Côté distribution, on retrouve des acteurs déjà remarqués lors des Caprices de Marianne donnés au Gyptis fin 2008, exception faite de la jeune Victoire Belezy (en photo), qui incarne une Juliette pleine de candeur. Mention spéciale à Charles-Éric Petit qui joue un Mercutio littéralement épatant.

Publié le 22/03/2011 Auteur : Olivier Nesvadba

Jusqu'au 2 avril au Théâtre Gyptis, 136 rue Loubon à Marseille. Tarifs: 24/15/12/9 euros. Tel. 04.91.11.00.91 www.theatregyptis.com


Mots clés : théâtre