cinéma

Alien : Covenant

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Le Covenant voyage dans les étoiles avec un large chargement de colons en sommeil cryogénique destiné à poser les bases d'une installation de l'humanité sur la planète Origae-6. Mais un incident de vol réveille l'équipage qui capte un mystérieux signal en provenance d'une planète proche laquelle semble parfaitement habitable. Décidé à en découvrir davantage sur cette transmission, le vaisseau est dérouté vers l'origine du message.

1979, Ridley Scott entre au panthéon des réalisateurs de science-fiction en donnant vie au scénario de Dan O'Bannon et Walter Hill dans Alien, le 8ème passager. 2012, après que bien des réalisateurs se soient emparés de la créature la plus terrifiante de l'espace, le réalisateur revient à l'épopée qui l'a rendu célèbre avec Prometheus, préquelle acceptable aux aventures du monstre. Suite du précédent, Alien : Covenant ne cache pas sa volonté de continuer à exploiter le célèbre xénomorphe, ce qu'il fait sans aucun scrupule en pillant les marqueurs qui ont donné ses lettres de noblesse à la série. Outre des prétextes narratifs et des rebondissements, le film se construit sur des bases molles empesées de questions métaphysiques que posent les deux êtres artificiels du film.

Si Scott n'a plus le talent narratif de ses débuts, son savoir-faire pour donner vie à des images glaçantes et intenses reste intact. Cela ne suffit cependant pas à masquer les travers d'un scénario grossier et manquant de rythme qui empile les scènes jusqu'au trop plein sans avoir pour autant raconté grand chose. Moins qu'une suite de Prometheus et un nouveau préquelle d'Alien, Covenant est un long pensum mollasson sur la création et la vie, un longue bande-annonce vaguement horrifique et pleine de scènes gratuites et racoleuses annonçant une énième suite. Une surexploitation qui a de quoi finir par diluer tout intérêt pour l'univers et son personnage. De la transmission mystérieuse aux créatures mortelles en passant par l'expulsion dans l'espace, la femme forte et les portes verrouillées, les ingrédients sont bien là, mais plus la saveur. Pour répondre à une scène d'ouverture alléchante, dans ce jeu de massacre entre créateurs, créatures et créations, finie la finesse, l'obscurité et ses peurs, place à la surenchère maladroite, aux lumières crues et aux dialogue à l'emporte-pièce. L'abondance d'images léchées est inversement proportionnelle à la profondeur d'un récit qui à force de distiller des secrets de polichinelle finit par plonger dans l'ennui. Dans l'espace, personne ne vous entendra crier au massacre...

Publié le 10/05/2017

Un nouvel épisode clairement dispensable dans la saga Alien que seule la réalisation impeccable de Scott tente de sauver du naufrage total. Un épisode clairement dispensable.

 

Film américain de Ridley Scott

 

Avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride.

 

Durée : 2h02.